New gTLD : délire ou nécessité ?

Par Laurence Riviere,

Il n’est pas exagéré de dire que l’ouverture de nombreuses nouvelles extensions génériques n’a pas eu l’effet escompté. En effet, les sociétés n’exploitent que très peu des noms de domaine dans l’une de ces extensions et ne les réservent souvent qu’à titre défensif.

Il est vrai que les internautes ont désormais leurs repères bien établis avec les ccTLD et le .com et passent, de toute façon, le plus souvent par les moteurs de recherche.

Finalement, l’ouverture des nouvelles extensions a surtout fait exploser les cas d’enregistrements frauduleux de noms de domaine.

Pourtant, certaines extensions seraient bien pratiques. Prenez le .shop par exemple. Plutôt que de réserver des noms marque-shop dans toutes les extensions d’intérêt, un seul enregistrement du nom marque.shop suffit !

De manière générale, les nouveaux gTLD permettent de développer une communauté, une revendication (.bio, .bzh etc) offrant une vitrine beaucoup plus forte que le .com ou un ccTLD, notamment sur les moteurs de recherche.

Les extensions renvoyant à un corps de métier sont également pertinentes, en particulier lorsque les sociétés portent des noms très courants (souvent le patronyme, largement répandu également dans d’autres activités). Ainsi, imaginez que vous cherchez le plombier Durand, vous savez qu’il y a de fortes chances pour que le site www.sadurand.plombier soit celui que vous cherchez (le .plombier n’existe malheureusement que pour mon exemple, puisque seul le .plumbing a été acquis à ce jour).

Plus populaires, les extensions locales offrent un ancrage régional aux sociétés. L’extension devient un vecteur par lequel une entreprise va donner une origine à ses produits et services disponibles sur son site internet, ce qui aura pour effet de rassurer le consommateur, en particulier dans le climat actuel de recherche de consommation locale.

L’Association Française pour le Nommage Internet en Coopération (AFNIC), gestionnaire du .fr, a ainsi récemment constaté le succès croissant des extensions .paris, .bzh, .corsica et .alsace, même si ces extensions sont encore loin d’attirer autant que les .london ou les .nyc.

Les .marque quant à eux, peuvent être un véritable atout pour les sociétés qui les détiennent. Leclerc, BNP Paribas ou la SNCF ont déjà sauté le pas, repensant leur méthode de communication sur internet et réinventant leur environnement numérique. D’autres ont réservé l’extension mais ne l’exploitent pas encore… peut-être est-ce pour bientôt ?

Soulignons pourtant que par le .marque, vous faites l’acquisition d’un territoire numérique et vous vous offrez ainsi plus de sécurité, plus d’homogénéité et plus d’authenticité.

Authenticité : Le .marque est une façon de donner une nouvelle dimension à votre marque. Votre ADN s’inscrit désormais dans un environnement numérique mondial tout en vous distinguant de la concurrence. Pour connaitre de l’authenticité d’une offre sur internet, le consommateur n’aura qu’à se référer à l’extension.

Uniformité : C’est vous qui décidez qui peut enregistrer des noms de domaine sous votre extension. Les deux principaux avantages sont :

  • Dans les réseaux de franchises, chaque franchisé peut disposer de son nom de domaine, contrôlé par le franchiseur et uniquement avec son autorisation, toujours sous le même .marque ;
  • Pour une entreprise qui propose plusieurs produits ou services différents, chaque produit ou service peut disposer de son nom de domaine avec un site clair, et bien sûr toujours en lien avec la marque référente grâce à l’extension. Il sera dès lors facile pour le consommateur de faire le lien entre l’offre et la marque de la société.

Sécurité : Aujourd’hui, la sécurité sur internet est mise à rude épreuve avec le phishing, les sites parking, la vente de produits contrefaisants, le cybersquatting / typosquatting). Avec votre .marque qui s’ajoutera au https, et bien sûr une communication adéquate, vos clients et prospects seront en capacité d’identifier clairement votre territoire numérique et ainsi de s’y sentir en confiance.

Ne négligeons pas, à cet égard, la possibilité d’économies sur les litiges puisque certains enregistrements frauduleux de noms de domaine reprenant votre marque auront beaucoup moins d’impact pratique dès lors que l’internaute sait que la société ne communique plus que sur son .marque.

Un second round de création de nouvelles extensions va s’ouvrir en 2020, dont le prix sera beaucoup plus abordable qu’en 2013. C’est donc le moment de réfléchir à votre stratégie de communication sur internet…

Laurence Rivière est Conseil en Propriété Industrielle – Marques, Dessins et Modèles chez Novagraaf France.

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